samedi 13 mai 2017

LE VILLAGE FAVARD

Le village Favard, typique et accueillant,  se situe sur la commune de Roura.


Il est accessible depuis Roura soit par voie terrestre, à 45 minutes de route, soit par voie fluviale, à 20 minutes de pirogue, en remontant le fleuve Oyak.  La pointe Maripa est en face du village, 500 mètres avant la Comté et l’Orapu.


Du point de vue historique, le village a été établi en 1973 par deux familles. Madame Jeanne Edouard, fondatrice officielle, en a été le premier chef coutumier. A l’origine, ces deux familles sont venues de Ouanary, ont longé le littoral et se sont engagées dans le Mahury. Elles ont remonté la rivière pour s’installer dans la crique Denclen. Elles y vécurent pendant cinq ans mais confrontées à la fois à un sol infertile et à l’isolement scolaire des plus jeunes, elles durent construire un carbet de passage situé en face de la pointe Maripa. Ainsi, le transport des élèves qui nécessitait auparavant deux jours de rame se réduisit à trois heures depuis cette halte où un premier abattis fournit un terrain plus propice à la culture du manioc.
 
Le village est dirigé par un chef coutumier, Zacharia LUCAS, très respecté des habitants. Celui-ci représente le village dans les réunions extérieures mais il est également chargé de gérer les éventuels conflits dans les familles.

 Il y a également un chamane. C’est le guérisseur du village. Considéré comme un « docteur spirituel »,  il connait notamment l’utilisation des plantes médicinales. Tout comme le chef coutumier, le chamane est très respecté des villageois.

Le village compte actuellement environ 140 personnes, réparties en 27 foyers, comprenant chacun de 2 à 10 enfants. A peu près 45 d’entre eux sont scolarisés à Roura. Les collégiens vont à Concorde et les jeunes lycéens sont scolarisés dans différentes structures et hébergés selon le système des familles d’accueil. Le village possède quant à lui une classe scolarisant les enfants de 2 à 3 ans.

 
  

L’absence d’emploi à Favard a poussé certaines personnes à quitter le village.  Les habitants vivent de la pêche, de l’agriculture, de la chasse et des prestations publiques de la CAF.


L’association Walyku, qui rassemble l’ensemble des habitants, permet de dynamiser le village par des manifestations et des projets. Lors de notre visite, différents ateliers ont été mis en place :

 Découverte de la forêt

 Feuille de cigarettes
 
 Jus de wassaï
 
 Poudre de cacao

Travail des perles

L’association souhaite proposer une offre touristique complète comportant :
– Le transport en pirogue du Bourg de Roura au village Favard
– Un hébergement confortable (lit ou hamac)
– Une restauration traditionnelle

 

– Des visites guidées de découverte du village, des abattis, de l’habitation La Caroline
– Des randonnées pédestres en forêt (randonnée de 4h sur le Chemin Roy)
– Des ballades en pirogue sur les fleuves Oyac, Comté, Orapu et criques alentours
– La découverte par des stages d’initiations aux activités traditionnelles : travail de l’abattis, maniement de la pagaie en pirogue bois, pêche, fabrication de chocolat, de couac, ou de cachiri, fabrication de colliers et de vanneries, etc.
– Des nuitées en pleine forêt dans des carbets aménagés

Ce projet touristique est dit « communautaire » car il s’agit d’un projet porté collectivement, géré par un groupe et dont les retombées sont profitables, directement ou indirectement à une majorité des habitants du village. C’est un projet à la fois structurant et innovant pour le village et pour la Guyane de manière générale : « structurant » car il permet à un certain nombre de membres du village d’avoir une activité professionnelle rémunératrice directement chez eux, et « innovant » parce que ce type de tourisme n’existe pas encore sous cette forme en Guyane.

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